Le mérite.
Un jour de septembre, la météo de la veille avait assuré un soleil devant durer toute la journée. Le temps est de marbre. Un marbre grisâtre en ces heures où un jeune homme se trouve dans une ville inconnue, à accompagner son père à l’enterrement d’un de ses amis.
Il le voit triste, maintenant un regard vers le ciel, d’où les gouttes tombent. Toute la famille du défunt est là, ces gens qu’il ne connaît pas pleurent, les uns après les autres, les uns avec les autres. Il compatit à cette douleur générale, mais n’est pas triste pour les mêmes raisons. Les larmes aux bords des yeux, il ne pleure pas. Il ne connaissait pas vraiment, non plus, cet homme qu’il a refusé de voir à l’état de cadavre, dans le fond d’une boite devenue le dernier logement le menant sur la route de l’éternité.
Il n’a que le vague souvenir d’un ouvrier se tuant à la tâche avec son propre père, suants comme les courageux qu’ils ont toujours été. Un homme bien portant, et qui, comme trop de méritants, s’en va à présent vers le chemin de l’oubli.
Il ne pleure pas.
Il se sent coupable de ne penser qu’au jour où le tour de son père viendra. Ce jour où l’éreintement de la vie aura raison de lui. Il songe qu’il aurait voulu le rendre fier de lui, à l’image d’un fils aimant. Des brides de souvenirs reviennent, l’enterrement du grand-père, les engueulades avec le père. Finalement, Toutes ces émotions font que le temps et ses sentiments le rattrapent. Il a été, est, et sera à jamais un père, son père, un des meilleurs. Trop de choses non dites, de phrases étouffées, il ne lui a pas dit qu’il l’aimait depuis… Il ne se souvient plus. Il sait qu’il en est conscient, mais il faudra qu’il le lui dise, un jour, encore.
Les heures défilent et le cortège se dirigera bientôt vers l’église, visible du bâtiment des pompes funèbres. Il regarda le convoi se mouvoir à pas de loup, et dans l’étreinte de la douleur, il se sent étranger. Il préfère s’éloigner, se tenir à l’écart, et décide de retourner à sa voiture. Il fume une cigarette assis sur l’aile avant gauche, en regardant ses chaussures trop grandes et songeant à ce chemin que son père prendra aussi.
Le ciel nuageux l’inspire. Les justes s’en vont, les pourris restent. La mort est injuste. Ce temps le fait sourire, il est comme le reflet de la mélancolie générale, comme si il pompait le flot de ces larmes tombées au sol pour en charger le firmament. Il voudrait que le moment venu, le passage de son père vers ce que l’on appelle « l’au-delà », soit accablé d’une des pires tempêtes que la France ait connu. Un orage où la pluie remplacerait le brouillard, tombant à ne plus en voir un sol devenu liquide. Du vent à en décoller ses pieds de la route. Tout cela de manière à extérioriser cette colère qui émanera de son âme, cette colère qui ne s’échappera jamais totalement de son esprit.
Les gens, au fond, il ne sait pas ce qu’ils ressentiront, mais ils compatiront sûrement, tout comme lui aujourd’hui.
Les grands pleurnichards ne seront pas acceptés de son regard, le père n’aurait pas aimé.
Un long silence vaut mieux que des litres de larmes, si salées soient-elles par un corps en colère contre la mort, qui nous emportera tous.
Un jour de septembre, la météo de la veille avait assuré un soleil devant durer toute la journée. Le temps est de marbre. Un marbre grisâtre en ces heures où un jeune homme se trouve dans une ville inconnue, à accompagner son père à l’enterrement d’un de ses amis.
Il le voit triste, maintenant un regard vers le ciel, d’où les gouttes tombent. Toute la famille du défunt est là, ces gens qu’il ne connaît pas pleurent, les uns après les autres, les uns avec les autres. Il compatit à cette douleur générale, mais n’est pas triste pour les mêmes raisons. Les larmes aux bords des yeux, il ne pleure pas. Il ne connaissait pas vraiment, non plus, cet homme qu’il a refusé de voir à l’état de cadavre, dans le fond d’une boite devenue le dernier logement le menant sur la route de l’éternité.
Il n’a que le vague souvenir d’un ouvrier se tuant à la tâche avec son propre père, suants comme les courageux qu’ils ont toujours été. Un homme bien portant, et qui, comme trop de méritants, s’en va à présent vers le chemin de l’oubli.
Il ne pleure pas.
Il se sent coupable de ne penser qu’au jour où le tour de son père viendra. Ce jour où l’éreintement de la vie aura raison de lui. Il songe qu’il aurait voulu le rendre fier de lui, à l’image d’un fils aimant. Des brides de souvenirs reviennent, l’enterrement du grand-père, les engueulades avec le père. Finalement, Toutes ces émotions font que le temps et ses sentiments le rattrapent. Il a été, est, et sera à jamais un père, son père, un des meilleurs. Trop de choses non dites, de phrases étouffées, il ne lui a pas dit qu’il l’aimait depuis… Il ne se souvient plus. Il sait qu’il en est conscient, mais il faudra qu’il le lui dise, un jour, encore.
Les heures défilent et le cortège se dirigera bientôt vers l’église, visible du bâtiment des pompes funèbres. Il regarda le convoi se mouvoir à pas de loup, et dans l’étreinte de la douleur, il se sent étranger. Il préfère s’éloigner, se tenir à l’écart, et décide de retourner à sa voiture. Il fume une cigarette assis sur l’aile avant gauche, en regardant ses chaussures trop grandes et songeant à ce chemin que son père prendra aussi.
Le ciel nuageux l’inspire. Les justes s’en vont, les pourris restent. La mort est injuste. Ce temps le fait sourire, il est comme le reflet de la mélancolie générale, comme si il pompait le flot de ces larmes tombées au sol pour en charger le firmament. Il voudrait que le moment venu, le passage de son père vers ce que l’on appelle « l’au-delà », soit accablé d’une des pires tempêtes que la France ait connu. Un orage où la pluie remplacerait le brouillard, tombant à ne plus en voir un sol devenu liquide. Du vent à en décoller ses pieds de la route. Tout cela de manière à extérioriser cette colère qui émanera de son âme, cette colère qui ne s’échappera jamais totalement de son esprit.
Les gens, au fond, il ne sait pas ce qu’ils ressentiront, mais ils compatiront sûrement, tout comme lui aujourd’hui.
Les grands pleurnichards ne seront pas acceptés de son regard, le père n’aurait pas aimé.
Un long silence vaut mieux que des litres de larmes, si salées soient-elles par un corps en colère contre la mort, qui nous emportera tous.
JUmo.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire