
Lucie.
Imaginez un des plus grands centre économique européen où l’affluence d’employés en tout genre s’y dénombre par milliers. Des franciliens pour la plupart, travaillant dur, accablés du stress omniprésent de leur vie salariale.
Usant des transports en commun, ou par l’utilisation d’un véhicule personnel, qu’importe, les gens y parviennent ; comme s’il fut agi d’un rendez-vous religieux ponctuel, quotidien.
Les autobus se débarrassent de leurs passagers, les escaliers mécaniques en imitent la marche. Tous se précipitent en direction de divers bâtiments, aguerris à la seconde prêt du chemin restant à parcourir. Certains luttent contre le temps, se précipitant inutilement.
Lucie se presse depuis qu’elle est sortie de la rame de métro. Dans les couloirs, à plusieurs reprises déjà, elle faillit chuter, les talons de ses chaussures se dérobant sous son pas. Vêtue d’une veste assortie à sa jupe, coupée aux genoux, elle sait ne pas avoir la tenue adéquate, et à même conscience que cette course lui permettra, au mieux, de limiter son retard ; quand à lui inévitable.
Elle se précipite chaque jour, depuis cette année 1999 où, avec son mari, ils décidèrent d’abandonner la capitale pour s’installer dans une petite ville située à une cinquantaine de kilomètres de Paris.
Leur enfant fut d’ailleurs l’instigateur du projet et c’est avec l’ambition de développer son cadre de vie qu’ils prirent cette décision.
Les proches écoles, la campagne se dessinant alentours, le repos, ainsi que l’investissement dans une maison dont les pierres recelaient l’histoire inconnue de leurs vieux jours, tout cela valait les efforts d’un réveil matinal et de nombreuses heures de trajets quotidiens.
Lucie, à l’instar de son époux, travaille donc dans la capitale et l’un comme l’autre n’ont pas jugé utile, ou ne serait-ce qu’envisageable de changer de travail ; sacrifier les années d’ancienneté, de labeur, dans un monde ouvrier où les quinquagénaires n’ont semble-t-il plus leur place.
Secrétaire depuis plus de vingt ans pour une société affiliée à un grand groupe industriel, elle apprit avec le temps à sacrifier ses envies, ses rêves d’enfant, d’adolescente, de femme.
En ceci, elle regagne un peu de cette liberté, quand, elle retrouve ce qui, au bout de paiement des échéances, deviendra son « chez-elle ». Elle jardine, fait la cuisine pour sa famille, son fils et ses amis devenus grands et s’autorise quelques loisirs. Avec une préférence immodérée pour la décoration ; bricolant toutes sortes d’objets, de vieux meubles en majorité, peignant, sciant, cousant, accommodant chaque face, chaque angle et détail comme elle le désire.
Toute jeune, elle s’adonnait déjà à cet amour des belles choses, sans réelle valeur pécuniaire, simplement belles. La passion de la vaisselle y prit une place prépondérante. A maintes occasions ne s’est-elle pas émerveillée de formes, de couleurs, diversement associées, lui procurant cette joie d’y voir plus qu’une vieille écuelle, où deux couverts s’y trouvaient joints.
La céramique, la porcelaine, toutes ces fragilités exercèrent un attrait sur elle. Comme autant de savoir-faire nécessaires, elle s’intéressa aux métiers s’en approchant. La confection de poteries, des vases aux terrines de terres cuites, de meubles, et plus encore la minutie des fines ornementations de services de tables entiers, l’intérêt se décupla hors des limites que l’on qualifie de raisonnables.
Elle se refusa très tôt, et encore aujourd’hui, le loisir de se promener au gré des rues, déambuler d’atelier en atelier, assouvir une soif de connaissance paradoxalement insatiable.
Résignée, mais sans en repousser l’influence, elle apprécia ces petites babioles qu’elle su marquées de ses pinceaux et vernis. Les seuls rêves de cette passion auxquels elle consentit furent alliés aux minutes, où demeurant immobile, elle avala les images de ces orfèvres travaillant le dos courbé sur de minuscules pièces.
Devant cet unique atelier de confection devenu vitrine, où elle se permit de courts mais réguliers arrêts, elle sembla retrouver la jeunesse de ses idéaux, avant de rentrer chez-elle où la réalité ne s’alliait pas obligatoirement aux regrets passés.
JUmo. 2007
Imaginez un des plus grands centre économique européen où l’affluence d’employés en tout genre s’y dénombre par milliers. Des franciliens pour la plupart, travaillant dur, accablés du stress omniprésent de leur vie salariale.
Usant des transports en commun, ou par l’utilisation d’un véhicule personnel, qu’importe, les gens y parviennent ; comme s’il fut agi d’un rendez-vous religieux ponctuel, quotidien.
Les autobus se débarrassent de leurs passagers, les escaliers mécaniques en imitent la marche. Tous se précipitent en direction de divers bâtiments, aguerris à la seconde prêt du chemin restant à parcourir. Certains luttent contre le temps, se précipitant inutilement.
Lucie se presse depuis qu’elle est sortie de la rame de métro. Dans les couloirs, à plusieurs reprises déjà, elle faillit chuter, les talons de ses chaussures se dérobant sous son pas. Vêtue d’une veste assortie à sa jupe, coupée aux genoux, elle sait ne pas avoir la tenue adéquate, et à même conscience que cette course lui permettra, au mieux, de limiter son retard ; quand à lui inévitable.
Elle se précipite chaque jour, depuis cette année 1999 où, avec son mari, ils décidèrent d’abandonner la capitale pour s’installer dans une petite ville située à une cinquantaine de kilomètres de Paris.
Leur enfant fut d’ailleurs l’instigateur du projet et c’est avec l’ambition de développer son cadre de vie qu’ils prirent cette décision.
Les proches écoles, la campagne se dessinant alentours, le repos, ainsi que l’investissement dans une maison dont les pierres recelaient l’histoire inconnue de leurs vieux jours, tout cela valait les efforts d’un réveil matinal et de nombreuses heures de trajets quotidiens.
Lucie, à l’instar de son époux, travaille donc dans la capitale et l’un comme l’autre n’ont pas jugé utile, ou ne serait-ce qu’envisageable de changer de travail ; sacrifier les années d’ancienneté, de labeur, dans un monde ouvrier où les quinquagénaires n’ont semble-t-il plus leur place.
Secrétaire depuis plus de vingt ans pour une société affiliée à un grand groupe industriel, elle apprit avec le temps à sacrifier ses envies, ses rêves d’enfant, d’adolescente, de femme.
En ceci, elle regagne un peu de cette liberté, quand, elle retrouve ce qui, au bout de paiement des échéances, deviendra son « chez-elle ». Elle jardine, fait la cuisine pour sa famille, son fils et ses amis devenus grands et s’autorise quelques loisirs. Avec une préférence immodérée pour la décoration ; bricolant toutes sortes d’objets, de vieux meubles en majorité, peignant, sciant, cousant, accommodant chaque face, chaque angle et détail comme elle le désire.
Toute jeune, elle s’adonnait déjà à cet amour des belles choses, sans réelle valeur pécuniaire, simplement belles. La passion de la vaisselle y prit une place prépondérante. A maintes occasions ne s’est-elle pas émerveillée de formes, de couleurs, diversement associées, lui procurant cette joie d’y voir plus qu’une vieille écuelle, où deux couverts s’y trouvaient joints.
La céramique, la porcelaine, toutes ces fragilités exercèrent un attrait sur elle. Comme autant de savoir-faire nécessaires, elle s’intéressa aux métiers s’en approchant. La confection de poteries, des vases aux terrines de terres cuites, de meubles, et plus encore la minutie des fines ornementations de services de tables entiers, l’intérêt se décupla hors des limites que l’on qualifie de raisonnables.
Elle se refusa très tôt, et encore aujourd’hui, le loisir de se promener au gré des rues, déambuler d’atelier en atelier, assouvir une soif de connaissance paradoxalement insatiable.
Résignée, mais sans en repousser l’influence, elle apprécia ces petites babioles qu’elle su marquées de ses pinceaux et vernis. Les seuls rêves de cette passion auxquels elle consentit furent alliés aux minutes, où demeurant immobile, elle avala les images de ces orfèvres travaillant le dos courbé sur de minuscules pièces.
Devant cet unique atelier de confection devenu vitrine, où elle se permit de courts mais réguliers arrêts, elle sembla retrouver la jeunesse de ses idéaux, avant de rentrer chez-elle où la réalité ne s’alliait pas obligatoirement aux regrets passés.
JUmo. 2007

1 commentaire:
J'aime moins celui là parce qu'il n'y a pas de véritable trame (mais je suppose que c'est un choix de ta part). Ya quelques phrases qui se perdent un peu et on est obligé de les relire pour saisir le sens, mais l'ensemble est toujours bien écrit (C'est le compliement que je vais te faire a chaque fois !!)
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